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"J'étais tranquille dans mon box, à réfléchir pourquoi mon cavalier ne venait plus beaucoup me donner de carottes, et ne me montais plus. Soudain un camion est arrivé, avec pleins de chevaux qui appelaient « à l'aide ! » dedans. J'aurais voulu les aider, mais on me mit dans le camion avec eux... et je compris pourquoi ils criaient. On n'allait pas en concours, ce n'était pas le même camion et je ne reconnaissais pas les chevaux. On allait ailleurs. À un endroit qui fait mal. Je le sentais. Mes nouveaux amis était épuisés, ils avaient peur, soif et faim. Vu leurs regards, cela devait aussi faire un long moment qu'il était enfermé là dedans. Quand les "cavaliers" ont refermé la porte, j'ai aussi remarqué qu'une odeure affreuse règnait dans le camion, et qu'il était vraiment très sale. Pendant le trajet, j'ai vu deux petits chevaux qui ne vivaient plus. Le camion allait dans tous les sens et moi je me cognais de partout ! J'allais tomber ! J'avais mal, très mal a mon postérieur droit. Soif, très soif. Faim, très faim. Personne n'avait donné à manger ou à boire à mes amis et moi depuis que j'étais monté dans le camion, et nous n'avions pas pu sortir pour nous dégourdir les jambes, malgrés que cela faisait longtemps que nous étions enfermé dans le camion. Et ça a continué comme ça tout le trajet, à soufrir, à lutter, pour ne pas tomber. Je me posais des questions : mon cavalier, pourquoi m'a t-il envoyé dans ce camion ? Est-ce une erreur ? Il ne pouvait quand même pas avoir fait cela... En faite oui... il ne voulait simplement plus de moi, son fidèle cheval, celui qui lui a fait gagner des prix, du bonheur, etc... Enfin, je crois. Peut-être n'était-il pas heureux du travail que je faisais pour lui ? Pourtant je faisais de mon mieux... On arriva enfin. Des "cavaliers", que je ne connaissais pas venaient nous chercher. C'était dans un endroit bizarre. Ils tapèrent à coup de bâtons les chevaux couchés, qui s'efforcèrent de se lever. Je reçu aussi un coup. Sur mon encolure. Je saignais. J'avais mal. Puis, on m'emmena dans le bâtiment bizarre. Le bruit de mes sabots résonnait. L'odeure de sang qui y règnait me fit paniquer. Je regardais de tous les côtés. J'avais peur ! Je ne comprenais pas ! Je continuais à appeler « à l'aide, à l'aide ! » mais j'étais tout seul avec des "cavalier" brutaux. La suite est floue J'ai vu quelque chose se planter dans ma tête, ça a fait très très mal. J'étais encore vivant, mais ça n'allait pas durer longtemps. Je poussa un hennisement de douleur. Surement le dernier. J'entendais le bruit que mon cavalier faisait quand il était heureux, des rires je crois. Des choses se passaient sur moi, j'avais très très mal, affreusement mal. Ce n'était plus supportable. Et je me suis endormi, pour toujours..."
Quelle joie quand Noël arrive ! Les préparatifs pour le réveillon, l'achat des cadeaux,... En principe !
Il n'en est pas de même pour tout le monde. Un bien triste réveillon pour nous-même, en effet. Même s'il n'était pas prévu de faire une fête à tout casser, nous nous serions pourtant bien passé de vivre une telle journée, justement, ce jour là.
Un profond sentiment de tristesse qui s'est vite transformé en colère. Même si notre quotidien au sein de l'association nous oblige à être confrontés à une misère animale souvent insoutenable pour nous, pour éviter de s'épuiser il nous faut faire abstraction de notre colère et de tous nos sentiments, pour pouvoir faire avancer sereinement cette cause que nous avons choisi de défendre. Or, il y a des fois où s'en est trop, des fois où cela devient une épreuve que de réprimer ces sentiments de colère qui nous animent en premier. Nous ne nous ferons jamais à la cruauté dont sont capables ces "êtres humains".
Voici donc le récit de notre journée du 24 décembre 2003 :
Nous sommes contactés par une dame qui prête gracieusement un pré à une connaissance. La propriétaire du pré est exaspérée d'avoir des animaux maigres à sa porte. Nous connaissons cet endroit pour y avoir placé des chevaux il y a quatre ans, chevaux que nous avons repris en très mauvais état un peu plus d'un an plus tard. A signaler que lors de leur placement tous les critères étaient réunis pour que ceux-ci soient hébergés dans de parfaites conditions. Le lendemain même du retrait de nos chevaux, cette personne s'était empressée de racheter deux poneys. Pendant plusieurs mois nous avions assuré une surveillance régulière et tout semblait bien se passer.
A notre arrivée, nous découvrons une pouliche "cachectique", couchée, ou plutôt tombée à l'endroit où ses dernières forces l'ont abandonné. Je la crois morte, mais ses yeux bougent encore, juste ses yeux qui suivent péniblement mes mouvements. Le vétérinaire qui nous accompagne n'en croit pas ses yeux. Nous appelons les gendarmes afin qu'ils viennent constater... Les deux gendarmes qui arrivent quelques minutes après mon appel eux aussi sont choqués par ce qu'ils découvrent et expriment leur écoeurement. Ils restent près d'une heure et n'hésitent pas à aider. Le vétérinaire est pessimiste mais tout est mis en oeuvre pendant deux heures pour tenter de la sauver. Après la première perfusion nous avons une lueur d'espoir. Elle tente de se relever et nous l'aidons à se repositionner "en vache". Les gendarmes et le vétérinaires s'en vont. Il est 16 heures. Pour notre part nous restons pour passer la deuxième perfusion. La pouliche réussit finalement à se lever, fait trois pas et retombe. Elle reste couchée en vache et son oeil est meilleur qu'à notre arrivée. Elle boit et tourne la tête pour suivre nos mouvements.
Dès notre arrivée nous lui avons installé un lit de paille et l'avons recouverte de deux couvertures polaires pour la réchauffer. A 18 heures nous la laissons pour aller chercher des médicaments chez le vétérinaire et nous revenons pour la perfuser de nouveau. Nous la quittons à 23 heures en espérant vraiment qu'elle tienne le coup car nous lui faisons la promesse de lui offrir une vie meilleure, une vraie vie de poulain.
Nous apprenons qu'en fait, le double poney qui est avec elle, est son père, rescapé des deux poneys achetés deux ans auparavant. La propriétaire des animaux avait en fait acheté deux poneys qui étaient frère et soeur. Le mâle, entier à l'époque, avait sailli sa soeur qui est morte il y a quelques mois et l'on se doute dans quelles conditions..., et donc nous nous retrouvons là, au chevet de leur fille ! C'est le jeu des sept familles version misère et mauvais goût.
Comment peut-on, ne serait-ce que comprendre cette personne qui achète des poneys et ne les soignent pas, qui les laisse se reproduire alors qu'il est tellement simple de l'éviter, d'éviter que naisse cette pouliche qui vivra un an de misère et de manque, et qui mourra dans des conditions insoutenables ? Rien ne peut excuser ou expliquer une telle irresponsabilité et une telle cruauté. D'ailleurs elle n'est pas venue ce 24 décembre 2003, ni le 23, ni même le 25, et ce n'est pas faute d'avoir été mise en demeure par la propriétaire du pré de mieux s'occuper de ses animaux. Nous savons qu'elle est passée en coup de vent le samedi 20 décembre, qu'elle a vu sa pouliche à peu de choses près dans l'état où vous la montre ces photos et qu'elle a simplement dit << qu'elle mourrait comme sa mère>>, et elle est repartie, la laissant à son agonie. De toute évidence, tout cela ne l'empêche pas de vivre tranquillement et elle est certainement trop occupée à préparer son réveillon pendant que nous sommes là, à essayer de sauver la vie de sa pouliche, à essayer de réparer ses erreurs et surtout, à subir ce qui nous fait horreur. Nous n'avons plus envie de fêter Noël. D'ailleurs, un seul cadeau nous aurait fait plaisir : la sauver.
Ce matin, notre petite protégée est partie vers un monde meilleur. Notre tristesse est un peu soulagée par la certitude qu'elle galope dans de verts pâturages où jamais, non plus jamais, elle ne croisera d'êtres humains,... ni ne souffrira.
Une plainte pour sévices graves et abandon est déposée

as aimé mon blog car moi j'y travaille et bonne visite et reviens vite !!!!!!!!!